Les humeurs changeantes d'Antigone

"A quoi ça sert les émotions pour soi tout seul ?" *

samedi 30 octobre

Merde

... A quoi ça sert de bosser toute la journée si le soir on a toujours pas réussi à résoudre le moindre problème ?
Merde.

Ce qui est bizarre, c'est que contrairement à mes habitudes, ça me donne pas du tout envie d'aller me coucher.
Et lundi qui n'est même pas férié ! Puis c'est sans parler du 11 novembre, évidement. 
C'est ça qui doit être bien, quand on est français, de ne jamais rien faire, entre grèves et jours fériés.
Dans mon canton (que j'aurais mieux fait de ne pas quitter), c'est férié, lundi.
Merde. C'est pas juste ça.

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Ranger mon bureau, plier mon pc, prendre ma physique, des bouquins de 2nde, 1ère et terminale S puis essayer de comprendre ce que veut dire ce fameux : P = m*g . Remuer les vieux souvenirs, feuilleter furieusement mes 15 pages de notes qui omettent cruellement de mentionner ce principe élémentaire, et la valeur de g...
Prendre la pochette "analyse" , et essayer avec fureur de résoudre ces foutues équations sans trop regarder le corrigé.
M'incruster un cercle trigonométrique dans le crâne.
Me taper sur la tête avec mon compas.
Puis aller m'acheter chez H&M une culotte avec des têtes de mort qui "glowent in ze dark", assortie à mes chaussures.
Partir travailler sur la terrasse au soleil.
Finalement la vie n'est pas si horrible que ça. Non, non.
Par contre j'ai pas fait fort en sociabilisation. Mais comment appeler des gens dont on a perdu le numéro ?
Ça sent le feu de bois. Les vaches sont encore dehors, on entend leurs cloches. L'herbe est verte, les arbres oranges, sauf les pins, et les gamins des voisins sont partis prendre leur bain.
Y a-t-il vraiment des gens qui vont dans un ascenseur pour se peser ?

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vendredi 29 octobre

Aaaaaarg....

Vous pourriez imaginer, dans le large blanc qui va suivre, l'image qui le remplirait si ce matin j'avais eu dans le bus mon appareil photo avec moi. C'est l'heure où il fait bleu, et où les nuages sont d'une couleur qu'on ne discerne pas encore, rien de rose ni de jaune, et dans tout ça, une cathédrale noire qui se découpe, avec des autres toits à côté.



Bref.
Une autre semaine de finie.
Je rame en maths. Je nage en physique. Je pourrais me débrouiller en informatique, en chimie, et en bio. L'avenir ne s'annonce pas radieux. Il me faut apprendre à bosser, et ça franchement, je sais pas du tout y faire. Par contre, pour trouver les fautes d'orthographe et/ou de français que les profs ne manquen pas de faire au tableau, je suis vachement bonne. Et merde, ça compte pas dans la moyenne. Si je me plante j'aurais qu'à devenir prof d'école primaire.
Ma rage de vaincre a tendance à s'amenuiser dès 9 heures du matin. Mais on se tape une connerie de fou-rire, enfin, non, un bien-faisant fou-rire débile pour des conneries qui n'arracheraient pas un sourire à un gosse de six ans. Non, quand même pas scatologique. Mais presque. Et ça repart. Le distributeur de mars le plus proche est trop loin pour que la pause suffise à traîner en route.
Quand les gens racontent qu'ils ont toujours été bons en maths et que maintenant ils en chient, moi je dis que j'ai eu 17 au bac de français, et quand ils me demandent alors pourquoi je suis là, je réponds pas. J'en sais rien. C'est juste que maintenant, je sais à quoi servent les impôts, concrètement, et des fois, quand les gens m'énervent je parle économie, trois mots.
Je suis folle, ou inconsciente, pour beaucoup c'est égal. Mais qu'est-ce que je fous là ?
Étonnant comme les hautes études plus facilement accessibles en Suisse qu'en France. Mais la solution, c'est toujours la même, et finalement, c'est pas compliqué : faut bosser pour arriver aux fins convoitées.
Je n'ai jamais été aussi douée que pour énoncer des banalités évidentes.
Je vais apprendre à devenir douée en calcul vectoriel. Si jamais c'est possible. Et encore, j'en serais drôlement étonnée. Puis en physique. Disons que je ne sois qu'un tout petit peu démotivée, c'est fou comme j'aurais plus envie de reprendre mes papiers.
Pourtant c'est un peu comme ma dernière chance, ce que je joue là.
Mais j'aurais pas pensé que ça puisse être si difficile. Naïve.

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samedi 23 octobre

Et puis...

Première vraie semaine finie. Ouf. Enfin.
Je m'habitue sans grand mal à ces salles gigantesques, pas tellement de cours en amphithéâtre, des profs qui notent tous leurs cours mot à mot au tableau, des fayots qui lèvent la main tout le temps, des gens qui comprennent tout avant les explications et qui sont terrorisants...
Parfois c'est l'école primaire. D'autres un peu l'université.
Le mercredi y'a pas de maths. Mais le jeudi c'est long.
Des repas infects au foyer. Un petit déjeuner gerbé dans l'escalier. Ma santé qui me fait souci. Assez pour m'empêcher de travailler autant qu'il faudrait. La peur de mourir qui m'empêche de me reposer autant qu'il faudrait.
Il faudrait beaucoup. Ça ne sera pas facile d'y arriver. Les premiers examens arrivent très bientôt, et mes lacunes m'apparaissent déjà en gras surligné.
Mais sinon j'aime quand le métro fait des étincelles dans la demi-obscurité de 8h. J'aime quand je prends le train et que le lac est couvert de brouillard. J'aime être à la maison le samedi matin et me faire réveiller par la lumière du jour.
Je n'aime pas quand je suis hypocondriaque là-bas. Je n'aime pas quand j'ai peur. Là-bas, c'est vachement glauque. Heureusement que je me sens sociable.
Il y a des personnages un peu cons. D'autres intrigants mais que je ne connais pas assez et ne croise pas souvent. Et encore d'autres que j'aime bien. Un cas dans mon foyer. Glousseuse terrible. Et pas le physique attendu, bien entendu. Qui me présente comme cinglée une autre avec laquelle il m'a suffit d'échanger trois mots pour la trouver à potentiel génial si connue. Stéréotype contraire,
la glousseuse, de qui devrait être timide et coincée mais qui pourtant aborde, presque hystériquement, tout ce qui porte culotte. Mais elle raconte suffisamment sa vie pour me détourner de mes inquiétudes médicales, bonne à avoir en cas d'angoisses, que je fais passer aux yeux des gens comme un sur-stress... Il y a aussi l'étudiante en deuxième année de médecine qui vous parle au dîner de sa visite à la morgue cet après-midi, et des autopsies du lendemain. Et de s'imaginer cadavre offert à la science, et disséquée par la co-pensionnaire. Nuit suivante atroce. Mais le
lendemain, la croisant dans l'escalier, on n'hésite pas à sourire, et à dire bon courage.

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mardi 19 octobre

AUn post de 2 minutes

Cinq minutes pour bloguer... Et rien à dire. Ah si. J'ai trouvé un nom mythique pour une éventuelle enfant que je pourrais avoir : Equipollence. Si si. Par contre j'ai oublié ce que ça veut dire. Mais c'est pas grave. Et... ah oui : J'en ai déjà marre des maths.
C'est pas facile, en bref. Sociablement aussi. Mais on fait aller.
Survivre ne sera pas forcément facile. Mais faisable, assurément.

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samedi 16 octobre

Cadeau

On m'a offert cette affiche pour mon anniversaire...


J'aime !

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vendredi 15 octobre

Avec des figures de style à chier

(Jeudi 14 octobre)

Depuis que j'habite ici j'ai l'impression de passer ma vie à courir ; disons que c'est un stress positif. Le bus, c'est le seul truc pour lequel je ne cours pas, puisqu'il n'a pas d'horaire précis, et que l'arrêt est juste devant la porte, mais ici les ascenseurs affichent un compte à rebours indiquant dans combien des temps commencera l'ascension (ou la descente vertigineuse), après il y a le métro, qui, lui, a un horaire, mais comme ma montre est enfouie sous trois couches de vêtements, je galope quand même histoire de...souvent pour rien.
Et puis, si soudain je décide de rentrer à la maison dans mon bled campagnard, pour chercher un truc vraiment essentiel, il faut recourir choper ce qui, chez moi, s'appellerait d'avantage un funiculaire qu'un métro, mais qui, évidement, tarde à partir. Résultat, à l'arrivée, c'est la gare que je traverse sans regarder devant moi, et tant pis pour le sandwich que j'avais prévu d'acheter. Au lieu de manger je profiterais du train pour une sieste, enfin, mieux que ça, une étude de mes cycles de sommeil - allez savoir pourquoi, passées les phases 1 et 2, j'attaque directement la cinquième, sommeil paradoxal, et tant pis pour les deux précédentes qui sont pourtant les plus réparatrices – car ça peut toujours servir en situation d'examens... Et bien sûr, mal réveillée par la voix du train : "Prochain arrêt... Nächste Halte..." d'ailleurs, personnellement, je suis sûre que même si on ne le disait pas en allemand les alémaniques comprendraient très bien le français, et j'imagine même pas qu'ils puissent se sentir déculturés.
Bref, le soir, la bouffe (trop grasse, mais c'est une autre histoire, et mal équilibrée) du foyer, je ne rechigne pas trop à l'avaler ; seul ennui, le repas, c'est vraiment trop tôt pour la française que culturellement je demeure. Alors quand je serais contrainte, pour cause d'un boulot qu'on ne cesse de nous annoncer intense et surtout éreintant, à des horaires du genre 6 heures-minuit, je me demande comment mon estomac se portera ; d'autant plus que de dormir 6 heures par nuit, ça me force à interrompre un cycle...pas bien, quoi. 'Fin, je risque de me faire plutôt du 6-23, ça me convient mieux.
Mais les lecteurs s'en tapent.
'Savez quoi, les braves lecteurs ? Ce qui me ferait marrer, c'est de me ramasser un prix Nobel en littérature.
Oui, bon, d'accord, ça n'arrivera jamais, mais ça m'amuserait vraiment beaucoup.
Vivement la surcharge de boulot, ça m'évitera de débiliter toute la nuit. Merci de pas me ressortir cette phrase quand je ferais des indigestions d'algèbre linéaire et autre géométrie rébarbative... euh nan descriptive.
Ah ah ah... je les imagine, les posts que je ferais dans quelques semaines... tout plein de maths et tout et tout, un peu de physique en entracte, ça fera vraiment genre gamine de première S qui se la pète, et plus personne il lira mon blog ; ceci dit, je l'aurais probablement bien mérité.
Pour la bouffe, c'est que j'espionnais l'autre jour ma voisine d'à côté (oui oui, pléonasme, on s'en tape) qui téléphonait sur son balcon à une copine à elle, et elle se plaignait de la nourriture, au demeurant, son sujet favori. Mais ça a l'air d'être une fille assez pas conne, et comme elle est danseuse, on peut comprendre l'importance de sa ligne.
Toujours pas de chauffage ici.
Et c'est mon Robert que j'aurais du ramener. J'ai plus d'orthographe. Et le correcteur d'OpenOffice, il est nul, d'abord !
C'est pas comme ça que je vais le ramasser, ce prix Nobel.
Pfff. J'ai de l'espoir.
Si je mange tout mon paquet de Traubenzuckerbonbons, j'aurais couvert 133% de mes besoins journaliers en vitamine C. Je me demande en quel état je serais. 'Faudrait déjà que j'arrive à ouvrir le sachet...
- Rajoute un post-it : COUTEAU SUISSE !!! -
Je ne sais par quel hasard, j'en ai acheté trois blocs, tous parfaitement assorti à mon papier pain. Euh, peint, qui semble centenaire, puisqu'on en parle.
Un jour je vous raconterais comment j'ai failli partir de la Migros sans payer.
Je suis de bonne humeur. Ça m'étonnerait que ce soit Feist qui me fasse cet effet là (oui !!! une allitération...courte, c'est vrai, mais c'était même pas prémédité), j'aime pas dépenser 30 balles pour un cd sur lequel je n'aime pas le quart des chansons.

(Et la question de l'autre jour, c'était : combien de bloggeurs sur ce campus ?
Ceci dit, grâce à vos commentaires, j'ai la réponse à combien de lecteurs, et c'est intéressant aussi.)

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mercredi 13 octobre

Je me suis demandé...

Y'en a combien ici ?

Posté par Antigone à 14:53 - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 12 octobre

Rentrée à la maison, en manque d'internet...

Je n'aurais pas pensé rentrer à la maison si vite. Mais... j'avais envie de raconter ma vie sur mon blog. Bien sûr j'aurais pu le faire de là-bas, et j'avais même déjà écrit un vague post que je prévoyais de recopier en sortant de cours. C'est facultatif cette semaine, des cours de méthodologie qui ne sont pas totalement inintéressant. Le prof nous fait rire, quand il n'essaie pas de nous faire peur.

Recopitage de ce que j'ai écrit hier soir :

"Je survis. Quoique en manque d'internet. J'essaie de sociabiliser. Ça devrait aller. Enorme ce campus, mais peut peuplé pour l'instant, je me demande à quoi ça ressemblera la semaine prochaine.
J'écoute Tryo en faisant attention aux paroles. Ça en vaut souvent la peine.
Par moments hier me faisait penser à une réunion des AA, enfin, telles que la télé nous les fait imaginer.
Vertige.
Quand on entre dans ma chambre ça sent un mélange de savon à la fraise et de café.
Je me demande comment m'approprier cet espace.
Je me demande si bientôt je pourrais me déplacer dans cette école sans regarder le plan.
Pour l'instant, je l'avoue, je suis assez bof. J'attends qu'on me parle au lieu de faire les premiers pas nécessaires.
Mon lit grince tellement que ça me réveille en plein sommeil.
Dîtes, faudrait quand même que je parvienne à gérer ma vie un peu mieux.
Voyez : Timidité <- strike ; Ouverture <- bold
Ou du moins essayons.
Et tout un après-midi à glander, essayer de se re-situer dans le centre-ville. Mon foyer est
vachement bien placé, malgré des chambres très austères.

Je ne partage pas les goûts musicaux de la fille de la chambre d'à côté. Mais comme je suis un peu bonne poire, oui, bon, beaucoup, je continue à écouter, des fois qu'un truc me plairait, et que je puisse aller lui demander : "Dis, c'est quoi, c'que t'écoutes ?", puis je lui suggérerais de baisser un peu...

Il a pensé à moi... Mais pas à me dire bon anniversaire. J'aime à être conne, alors oubliez, mais je l'hais-me. Enfin, non, soyons justes : j'ai besoin de l'attention de quelqu'un. Et si c'est la sienne, c'est pas plus mal."

Et puis je m'habitue doucement. Je pense que ça sera mieux la semaine prochaine, et déjà plus intéressant dès vendredi.

Posté par Antigone à 15:04 - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 10 octobre

Je m'en vais.

Depuis tout à l'heure, quand j'ai commencé à préparer mes affaires, j'ai l'impression de répéter pour une pièce, de ne rien faire de réel. Alors qu'en fait... le temps que j'aille manger une dernière tartine grillée au nesquick et boire une dernière tasse de mon éternel café et on partira.
Enfin.

<>Les vacances sont finies.
Demain c'est mon anniversaire.
J'ai l'impression qu'il n'y a rien derrière moi. Mais c'est évidement faux. Et sans doute que si l'autre, là, m'a un peu engueulée hier soir, c'est sans doute parce qu'il tient un peu à moi, et il a probablement raison : si je veux que les autres pensent à moi, ils faut leur rappeler que j'existe. J'ai pourtant l'impression de ne faire que ça. Mais pas comme il faut. Il m'énerve en refusant d'écouter pourquoi je suis comme ça quand j'essaie de lui expliquer. Il m'énerve parce qu'il a raison, et parce que je le sais. Je suis une idiote qui se plaint de sa vie sans essayer de la faire changer. Mais ça, il n'a pas aucune idée de la manière dont on s'en guérit.

J'ai peur.
Et j'aurais voulu qu'au lieu de me remettre face à mes erreurs il ait pour moi un mot d'encouragement, un vrai.
J'ai peur de cette nuit. J'ai peur de demain.

Je suis vraiment qu'une sale trouillarde.

Posté par Antigone à 16:55 - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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