jeudi 30 septembre
En lisant la "Plate forme électorale 2003 à 2007" de l'UDC...
Comme
promis, voilà mon article critique politique du jour. Bien
sûr, c'était facile, d'autant plus que j'ai retrouvé
dans un tiroir de mon bureau la brochure de l'UDC (Union démocratique
du centre ; qu'on ne s'y trompe, c'est le parti le plus à
droite de Suisse), qui s'y trouvait à cause du TPE, car nous
avions interviewé un type du comité de ce parti dans
notre canton, et qu'après nous avoir longuement expliqué
que les pauvres sont pauvres par leur propre faute, il avait voulu
nous propagander en nous donnant son prospectus, et en nous payant le
café. Merci.
Personne ne l'avait lu, à l'époque,
mais finalement, j'y ai trouvé mon compte d'idées
détestables.
"L'UDC s'oppose à la taxe sur le
CO2, aux réformes fiscales écologiques et à tout
nouvel impôt énergétique."
-> Et
continuons de réchauffer la planète...
"Les
enfants et adolescent cherchent des défis. Ils ont besoin de
repères et de notes. A l'école ils doivent non
seulement apprendre à vivre en groupe, mais aussi à
supporter la compétition."
-> Le futur Japon de
l'Europe ?
"L'UDC estime que les crèches pour enfants
ne sont pas l'affaire de la Confédération."
->
Dans la plupart des cantons suisses, les enfants commencent l'école
à sept ans, pour ceux qui peuvent bénéficier de
places dans des écoles maternelles (payantes, bien sûr,
et dont l'offre est largement insuffisante) les horaires sont tels
que pour une mère qui travaille, c'est impossible à
gérer.
"L'UDC soutient la famille traditionnelle et
lutte contre le minage sournois de cette institution."
->
"Travail, Famille, Patrie" ?
"Main d'oeuvre
étrangère, oui, immigration non."
-> Venez,
les étrangers, venez faire des boulots dont les citoyens
suisses ne veulent pas, et quand
c'est fini, disparaissez vite, et
pas de traces de votre passage...
"Des autorisations [de
travail] de courte durée excluant le regroupement familial
constituent la meilleure possibilité de tenir compte de ces
besoins [économie qui a parfois des besoins
exclusivement
saisonniers].
-> L'UDC soutien la famille (enfin, la famille
suisse), et l'étranger qui vient travailler en Suisse, on s'en
tape s'il ne voit pas la sienne pendant le temps de son permis de
travail.
"L'UDC veut que les citoyennes et citoyens de ce
pays puissent décider lors des assemblées communales
quels étrangers ils entendent naturaliser et quels étrangers
ils ne préfèrent pas naturaliser."
-> Et
dans les villes, les gens voteront pour la naturalisation de gens
qu'ils ne connaissent pas...
-> L'UDC fait chier, là, encore plus qu'avant. J'hésite à savoir quel passeport je vais jeter si on me demande de choisir. C'est nul, là. Si je décidais de renoncer à ma nationalité française je risque de me retrouver concitoyenne avec le paquet d'imbéciles qui aura accepté qu'on vote une chose aussi conne. Et puis, l'argument de l'UDC, à ce sujet-là, c'est : "Et si y'a une guerre, ils font comment les double-nationaux, ils choisissent quel pays ?", alors que "L'UDC est le seul parti gouvernemental qui s'engage systématiquement pour une Suisse neutre et indépendante.", c'est donc idiot, y'aura pas de guerre entre la Suisse et un autre pays, et aucun bi-national n'aura à choisir son camp.
"L'UDC rejette résolument la libéralisation des drogues dures et douces."
-> Les drogues douces, franchement... >
Décidément,
j'aime pas l'UDC.
Et faites attention quand vous viendrez en
Suisse en 2050, la population sera composée à 144% de
musulmans... Ouah... ça fait beaucoup, hein... Vous avez peur,
non ?
mercredi 29 septembre
Moi et les titres, en ce moment...
L'ennui,
avec le dentiste, c'est qu'il m'injecte toujours assez d'anesthésiant
pour assommer une vache, bien sûr, ça vaut mieux que si
la dose ne suffisait à faire oublier à un nourrisson la
douleur d'une dent à la sortie difficile. Alors dans le fond,
je ne devrais pas me plaindre. Mais du moment où je suis
sortie de son cabinet, à 14h35, jusqu'à 18 heures
passées, je ne sentais plus mon nez. Et c'est assez pénible
quand on est enrhumé ; enfin, ça laisse imaginer l'état
de ma langue et de ma joue droite. Et je n'avais de cesse de réclamer
qu'on me rende mon nez ; si j'avais été gosse, et qu'on
m'avait fait ce truc-là, où on fait semblant de leur
prendre leur nez et qu'ils font semblant d'être dupes, eh bien
j'y aurais vraiment cru. Mais finalement, quand je commençais
à trouver des avantages à ma situation : par exemple
j'allais pouvoir faire exploser le bouton que j'ai sur le menton sans
le moindre mal (j'ai envie de faire dans le gore ce soir), les effets
de la piqûre ont commencé à se dissiper, et j'ai
MAL ! et j'ai perdu mon panadol...
Et le pire c'est que j'ai
encore une autre carie qu'il va soigner demain... Et puis aussi il
aimerait bien m'enlever mes deux dents de sagesse (car il paraît
que j'ai la chance dans mon malheur de n'en avoir que deux) avant
qu'elles ne décident de pousser vraiment.
C'était mon post-racontage-de-détail-de-vie-insignifiant de la semaine, et peut-être que bientôt viendra mon article politique de l'année, parce que j'ai envie de critiquer.
lundi 27 septembre
Post pas relu, donc s'il est mal foutu, c'est normal
<>Et
si vous pouviez imaginer mon soulagement quand je me suis dit,
pendant le souper, alors qu'on commentait vaguement le résultat
des votations, et surtout le "oui", enfin, au quatrième
essai, au congé maternité payé de 14 semaines,
que c'était ma dernière semaine de rien du tout à
faire !
Oui, bon, pour l'instant, la demoiselle vaguement
socio-phobe, ou plutôt ultra-timide,
n'en déplaisent à ceux qui n'y croient pas, que je
suis, exprime du soulagement, alors que dans une semaine je serais
morte de peur.
Je suis assez détestable dans mon genre.
Notez que l'autre soir, je travaillais à un inventaire
dans un grand magasin du pays, et c'était un vrai calvaire ;
c'est fou ce qu'on peut être prêt à faire pour
avoir un billet de 100 francs, et que malgré mon rôle de
remplisseuse de la feuille d'inventaire (je préfère
compter plutôt qu'écrire, mais comme j'ai envie que les
gens ils m'aiment, j'ai laissé décider à ma
partenaire ce qu'elle voulait faire, bêtise absolue de ma part,
y'a qu'à voir l'ampoule que j'ai au pouce...) j'ai
parfaitement réussi à engager une conversation badine
avec ma compteuse, sans bafouiller ni rien du tout. Je suis douée
pour les conversations badines, mais dès qu'il faut
s'impliquer un peu plus, ben y'a plus personne... J'ai du mal à
sortir les idées de sous mon brouillard cérébral
(ce matin, comme je pensais à autre chose (honte sur moi...
c'est affreux...) j'ai failli écraser un type, que j'avais
clairement vu, sur un passage pour piétons), et je cherche
toujours beaucoup trop à dire ce que voudrait entendre mon
interlocuteur, mais de moins en moins, quand même.
J'ai
arrêté avec ma psy. Je crois, et probablement à
tors, que je n'en avais plus besoin, ou même n'en avais jamais
eu besoin, parce que je crois bien que cela ne m'a jamais aidée
pour quoi que ce soit de la voir ; c'est vrai que je l'ai détestée
depuis le début, mais... Ce que j'ai compris, c'est qu'il faut
juste que je me force à oser. J'ai toujours très bien
su que non, la terre entière n'est pas dirigée contre
moi, que les gens ont autre chose à faire que de me scruter en
permanence...
Et puis... je ne sais pas si c'est bien ou mal,
mais j'espère moins des autres personnes, je n'attendrais plus
ce que je ne donne pas, ou je donnerais toujours un peu plus, pour
voir si effectivement ça porte ses fruits. Aussi, ce qui est
d'un con... et qui me blesse à chaque fois, entraînant
un cycle de lamentations, c'est de me concentrer sur un raté
de ma vie. Tenez, par exemple, c'est l'histoire d'une phrase que j'ai
notée dans mon joueb en octobre dernier, je disais que
j'espérais que le prochain homme qui me touchera m'aimera et
sera aimé en retour.
Évidement, c'est pas du tout ce
qui s'est passé. Parfois, avec des trucs comme ça, je
joue à me faire mal, je pourrais lire cette phrase jusqu'aux
larmes, pour aller jusqu'à ce sentiment dégueulasse de
vide absolu. L'anti-jeu de la cure de désespoir. Arrêter
de jouer à ça, c'est déjà un grand
progrès.
Encore
et toujours dans le même registre, et c'est vraiment pas
glorieux, mais c'était un sentiment nouveau et très
moche. Hier soir, vers deux heures du matin, ma soeur est rentrée
précipitamment à la maison après avoir
supposément manqué de se
faire agresser. Elle était
angoissée, ça se voyait bien, tremblante, et tout et
tout, et je comprenais bien qu'une telle peur on puisse avoir besoin
de la confier... mais boarf, après avoir entendu l'histoire
deux fois, j'avais une folle envie de l'envoyer tout raconter une
troisième fois, puisqu'elle y tenait tant, à quelqu'un
d'autre que moi. Alors finalement, je comprends bien pourquoi on se
retrouve à aller voir des psy, puisqu'à eux on peut
raconter nos histoires douze fois, et ils ont même pas l'air de
s'ennuyer. Le problème doit surtout venir de ces trucs qu'on a
pas forcément envie d'entendre, déjà d'imaginer
ce à quoi elle avait peut-être échappé, se
serait-elle fait seulement prendre son natel et son porte-monnaie,
violer... ou n'était-ce que des imbéciles bourrés
qui voulaient juste faire peur ? c'était pas génial,
mais aussi d'envisager les conséquences de ce qu'elle me
racontait, savoir que dorénavant, en rentrant seule la nuit,
j'aurais peur. Fini, les promenades sous la lune ou sous la neige, au
milieu de la nuit. Et puis, le pire, dans tout ça, c'est que,
se sentant suivie, elle est allée frapper à la porte de
gens du quartier qui ont refusé de lui ouvrir, sous prétexte
qu'ils ne la connaissaient pas, alors qu'elle devait avoir l'air
tellement terrifiée...
C'est sans doute humain de ne pas
avoir envie d'entendre ce genre de truc, mais ça ne devrait
pas. Et je me serais sentie encore plus minable que ces imbéciles
si je n'avais pas écouté son récit autant de
fois qu'elle le désirait.
C'est terrible comme finalement
on est égoïste avec la douleur des autres, comme on
cherche à se protéger de leurs angoisses.
Et comme
je voudrais ne pas le faire.
Quand je raconte les miennes
qu'est-ce que je dois être chiante.
Mais ce qu'il y a de
bizarres, c'est que pas exemple j'avais une nuit passé des
heures à écouter quelqu'un me raconter ses peurs, ses
cauchemars... mais à aucun moment je ne m'étais sentie
dérangée, sans doute que c'était parce que je
partageais tout ce dont il me faisais part.
>
dimanche 26 septembre
Message sans intérêt
Ça
y est ! J'ai mon portable ! Ce qu'il est beau mon petit latitude
D600... trop peut-être... Et il est à moi, rien qu'à moi !
Je l'aime.
Merci papa, merci maman.
Rien que pour ça, faudrait voir à les réussir, mes z'études.
Et après ce message très intéressant, moi et mon n'ordi que je l'aime, on va aller se mettre au lit.
Et dire qu'il l'avait déjà reçu mercredi, et qu'il ne voulait pas me le donner... Une bonne surprise tout de même.
Puis,
alors peut-être que j'essaierais de pas lui faire faire une crise
cardiaque, demain matin, quand on fera de la conduite accompagnée, à
mon père. Je m'appliquerais, et fini de confondre la première avec la
troisième...
Matérialiste...
samedi 25 septembre
Rapide réveil
Enfin
on touche à la fin de ce mois de septembre trop long. J'ai reçu la
lettre que j'attendais. Elle m'a déçue, la mienne. C'est court, c'est
répétitif, je la trouve vide, cette lettre de déclaration... Finalement
ce n'était pas le truc significatif en lequel je l'avais idéalisée. La
sienne, car il a eu l'espèce de politesse d'y joindre encore un autre
manifeste : "Je suis quelqu'un de Bien", simple, répétition ultime de
choses déjà dites mille fois, me montre une nouvelle fois que le
non-choix de tomber amoureuse de lui n'était pas mauvais, enfin, pas
tant que ça, ce qui évidement n'a pas facilité les choses. Plus évident
de se désamouracher d'un con que d'un type qui vous manie avec une
extrême prudence, tant il a peur de faire souffrir. Heureusement, ça a
ses limites, on comprend un peu qu'"il ne faut pas contrarier les
fous", et que ce que l'on prenait pour du respect n'était autre que de
la condescendance, un égard dû aux malades. On le comprend, ou l'on
s'en persuade. Finalement, ça revient au même.
Recto-verso. Donner
une lettre. La récupérer un an plus tard... [papier d'écolier
français... papier d'écolier... je cherche sa missive sur le foutoir de
mon bureau... Trouvé !] ... "preuve de cet attachement, même amical
qu['il a] eu à mon égard, l'intérêt et le respect [qu'il m'a] porté,
[je la trouve] intacte, comme [je lui ai] laissée ce jour-là, il y a
plus d'un an maintenant." Puis on tourne la page.
Je n'ai même
plus mal. On ne peut forcer personne à aimer. On ne peut pas en vouloir
à celui qui ne partage pas ce qu'on ressent pour lui.
On tourne la page.
Absolument pas productive.
Je
joue à la Nintendo, puisqu'il faut bien faire quelque chose, à Zelda,
vu que c'est sûrement le meilleur jeu au monde, dans son genre. Je lis,
trois fois rien, mais un peu. Un bouquin de je sais plus qui, "l'Ombre
du vent", que j'avais commencé en juillet et longtemps abandonné, pas
mal, sombre, pour finalement se finir comme il avait commencé, couleur
en plus. "L'attrape-coeurs" de Salinger, que je n'avais lu qu'une fois,
et c'est une redécouverte géniale.
Et puis des livres de physique.
J'en ai encore récupéré un, du lycée suisse. Et mon formulaire de
sciences, dédicacé par mon prof de maths, tellement rébarbatif...
C'est ma préparation psychologique dans l'attente du 18 octobre, rentrée officielle.
Est-ce que j'ai des chances de réussir ?
Est-ce que j'aurais le courage de réussir, de travailler pour ?
Je
vais commencer ce quelque chose que je voulais écrire. Une longue
histoire de quelque chose qui n'existe pas, et quand j'ai eu crû, je
n'y croyais plus, ou autrement.
Ça n'aboutira sur rien. Mais...
Les
maths, la physique, la chimie, la bio, par contre, je ferais en sorte
que ça aboutisse ; j'ai envie de réussir, cette fois.
samedi 18 septembre
Putain ! on est sur la réserve !
J'ai
envie de bouger. Envie de vivre. Envie de rencontrer des gens
nouveaux. Mais je ne sais pas comment faire.
Pour garder cette
énergie pendant plus longtemps que dix minutes, pour oser.
...
Cherche le mode d'emploi... Le bouton "mode
sociable" pour le pousser sur ON.
Je m'ennuie.
Fuck
solitude.
Fuck timidité.
J'ai
l'impression de stagner depuis mi-juin.
Presque rien lu.
Presque
rien écrit.
J'aurais bien un vague projet de bidule à
écrire, mais je sais pas si ça présente un
quelconque intérêt.
Puis, chais pas écrire.
Alors.
La poste me persécute. Et maintenant que je sais que la
lettre dont j'attends le retour s'accompagne d'un bout de truc qu'il
a écrit sincèrement, mais c'est pas ce qu'il a dit
exactement et qui pourrait entraîner de ma part une réaction
gamine de rejet de son opinion en bloc, je suis impatiente, enfin,
plutôt qu'impassible.
Puis, ma copie de bac
d'histoire-géo...
C'est la France, le problème. La
poste, et l'éducation nationale.
Fuck.
J'ai envie
d'avoir du boulot. De crouler sous un tas de devoirs plus gros que
moi. De vivre différemment. De sentir que j'existe, en fait.
En ce moment, comme l'impression que chaque fois que je respire,
ça sert à rien.
Et j'envie les deux autres partis
en France qui commencent les cours lundi.
Vous pouvez me réveiller le 11octobre ?
Et
puis j'arrive jamais à faire des biens photos.
Alors ça
va être rare que j'en rajoute là-dessus :
http://antigone2.deviantart.com
(comme tout le monde, effectivement).
vendredi 17 septembre
A quand l'après ?
Le silence,
c'est avant, ou après l'orage ? Je ne sais plus. Avant, pour moi. Les
choses se passent doucement, à leur place, simplement.
J'ai fait,
froidement, lundi soir, je crois, mes adieux à celui que j'avais appelé
B. J'étais désagréable et je ne le regrette pas, même si je sais que
c'était vraiment inutile.
Manifestations jalouses d'autre pas loin. Vraiment pas de quoi. Adresse de blog donnée.
Et puis mercredi soir, épisode un des adieux, beaucoup plus émouvants,
cela va de soi, entre mon classmate préféré, et unique à ses heures
(ceci explique que qui précédait), de ces deux dernières années, et
moi. C'est un homme, un vrai ! Et il ne me dira pas ce qu'il pense (ah
! Mon pauvre, si ta virilité ne tient qu'à ça !). Moi, je m'en fiche,
et lui faire comprendre : "Tu me manqueras" ça me coûte rien. A nouveau
hier soir, mais pour ne rien dire, au presque, exhausser un souhait,
que j'avais prévu... pfff, c'est toujours pareil.
Finalement je
n'ai pas grand chose d'important derrière moi. Et je me demande si un
jour, en me retournant, cela arrivera que la vue soit bouchée par
quelque chose que j'aurais pu bâtir.
C'est peut-être une chance.
Il y a peu, ou rien d'important dans mon passé. Je ne risque pas
tellement d'idéaliser des souvenirs, des relations. Je peux avancer,
très librement. Ne serait-ce...
Enfin, je rabâche. Mais on a passé
la mi-septembre. Et dans un mois un nouveau coup d'envoi sera donné. Ça
m'effraie, bien sûr. C'est toujours les mêmes choses.
Est-ce que je vais réussir à socialiser ?
C'est
une bataille à mener, et là, c'est bien juste, le silence avant la
bataille. Une bataille contre moi-même. Surtout. Mais moi-même, il est
vraiment lourd à traîner quand il a peur, quand il s'enferme dans sa
timidité, qu'il a décidé qu'autrui l'emmerde, et qu'on lui foute la
paix, maintenant, merci.
Mais moi-même, il aimerait qu'on croie en lui.
Alors je vais essayer de me dépasser.
mercredi 15 septembre
Carrefour
A
Carrefour avec ma mère. Tous les gens tirent la gueule.
Mimétisme naturel, je les imite. Du rayon papeterie jusqu'à
passer la charcuterie sous plastique (non, du tout, je n'imagine pas
que les Carrefour du monde entier puissent ne pas être tous
conçus sur le même modèle que celui de vers chez
moi). C'est pour dire, ça faisait long... même si
jusqu'aux boissons, passée la cohue de l'hygiène
féminine et du shampoing, où un bon paquet d'indécises,
plantées, hésitent longuement entre Nivéa et
Loréal, on ne croise pas grand monde.
Quand finalement je
me décide à relever la tête, je change de bord,
je souris, un peu. C'est peut-être un rictus méchant,
puisque je me fous de la tête des gens, bêtement. Même,
non, surtout, des bébés moches, même si ce n'est
pas de leur faute.
A Carrefour, les gens sont déprimants.
Et contaminants. On se fait taper dessus par la banalité de
l'existence, son ridicule. Non, j'aime pas trop cet endroit, et je
m'en enfuirais presque, s'il ne restait sur la liste le Nescafé
et la confiture. J'ai jamais vraiment su comment traverser cet
hypermarché sans me faire frapper par cette déprime de
la société de consommation, repue, en fait. Faut-il
être détachée, l'air ailleurs, et s'accroupir
sous les panières à pain pour jeter des miettes aux
moineaux, gras, ou alors s'impliquer, s'intéresser, être
sociologue... Sinon mieux encore : à fond dans le trip,
s'enthousiasmant pour une cafetière à 9,90 frs ?
Attitude retenue pour cette fois. Eh ! Quoi ! Une cafetière
à neuf-nonante ! Quelle aubaine, même s'il ne reste que
des jaunes alors que j'aurais préféré une
bleue... enfin, on aurait tors de s'en priver.
J'aurais donc
attendu de quitter la maison pour arrêter le Nescafé,
avec plein de lait, et trois morceaux de sucre... Merci Carrefour,
merci la France.
mardi 14 septembre
Bien sûr
Je
dois apprendre que je peux blesser, être cause, même, de plus de mal
que celui que je reproche aux autres de me faire. Je peux les négliger
encore plus que ce que je pense qu'ils font. Quand je me dis qu'on
aurait pu avoir pour moi telle intention minime, j'omets de me demander
si j'aurais eu, moi, pour autrui, cette pensée-là. Il n'y a pas de
raisons que je sois plus blessée par l'attitude des autres qu'ils ne
puissent l'être par la mienne.
Nan, ça ne m'aurait vraiment rien
coûté de faire quelques pas. Quelques mot qui, sans doute, lui auraient
été, si pas agréables, au moins neutres, tout du moins.
Un
"bonne chance", un "malgré tout, ravie de t'avoir connu", un "à
bientôt", plutôt que ce foutu "adieu" passe partout... des riens, soit,
mais plus signifiants que mon silence. Silence, alors que j'avais envie
d'être "normale" avec lui. Naturelle, c'est peut-être mieux. Mais... je
n'y arrivais pas. Et si j'avais su ! Et qu'il m'avait mal interprétée ?
Peur à chaque tentative de dire...
A me répéter que tous ont leurs
"vrais" amis pour prendre soin d'eux, j'en oublie d'avoir la moindre
amabilité avec les gens que j'aime bien ; et par-là, ne m'attire pas la
moindre sympathie non plus. Attitude nulle. Qui n'amène à rien. Ne pas
m'étonner ensuite de l'indifférence des autres.
Ne rien demander si on est incapable de rendre quoi que ce soit en retour.
Quand même, c'est tellement mieux d'avoir des oeillères et de ne trouver matière à reproches qu'aux autres.
Peut-être me faut-il m'habituer à l'idée qu'il vaut mieux livrer des gestes maladroits plutôt que le silence et l'immobilité.
Arf... toujours des évidences, et pourtant je peine à les mettre en application.
lundi 13 septembre
Beurk

Il y avait ça,
juste à côté de mon lit.. Je l'ai tuée, mais qui me dit qu'elle n'a pas
de famille qui va vouloir venger sa mort ?
Je sens que je vais bien dormir.
Enfin, ça va pas être possible, je le crains.